Parmi les figures marquantes de cette victoire figure le général James Kabarebe, un héros aux yeux de nombreux Rwandais, récemment sanctionné par les États-Unis. En tant qu'officier supérieur du FPR, il a joué un rôle essentiel dans l'arrêt du génocide. Pourtant, il se retrouve aujourd'hui sous le coup de sanctions jugées infondées, une situation que beaucoup considèrent comme une injustice.

Les auteurs du génocide, des extrémistes hutus, se sont regroupés au sein des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) et se sont réfugiés en République Démocratique du Congo (RDC), alors appelée Zaïre.

Aujourd'hui encore, ces génocidaires poursuivent leur campagne de violence, cherchant à achever ce qu'ils n'ont pas pu accomplir en 1994 : exterminer les Tutsi. Ils ne se contentent pas de cibler les Tutsi congolais, mais commettent également des atrocités inqualifiables, exacerbant la crise humanitaire dans la région.

Face à cette menace, le Mouvement du 23 mars (M23) a vu le jour pour lutter contre ces forces génocidaires et protéger les civils. Pourtant, au lieu d'être reconnu pour son rôle de défense, ce mouvement est diabolisé par le gouvernement congolais, qui l'accuse â€" ainsi que le Rwanda â€" d'être à l'origine des violences.

Sous la pression des puissances occidentales, certaines personnalités, dont le général Kabarebe et le porte-parole du M23, Lawrence Kanyuka, ont été sanctionnées. Cela rappelle l'indifférence de la communauté internationale en 1994, lorsque le FPR tentait d'arrêter le génocide malgré le silence complice du monde.

Ce scénario met en lumière une justice internationale biaisée, où les intérêts géopolitiques priment sur la protection des victimes. Il s'agit d'une justice sélective qui punit ceux qui luttent contre l'oppression tout en fermant les yeux sur les véritables instigateurs des massacres.

Dans un tel contexte, où la justice semble au service des plus puissants, les populations n'ont souvent d'autre choix que de se défendre elles-mêmes pour mettre fin à l'impunité des criminels.

L'histoire du conflit en RDC est marquée par un génocide systématique contre les Tutsi, qui dure depuis des décennies. L'inaction de l'ONU face à cette tragédie la rend en partie responsable de la crise.

De plus, des dirigeants comme le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue burundais Évariste Ndayishimiye ont publiquement soutenu les FDLR, affirmant leur intention de renverser le gouvernement rwandais et de détruire le M23. Pourtant, cette incitation à la violence est largement ignorée par la communauté internationale.

Il est choquant de constater que cette même communauté internationale, qui impose des sanctions au Rwanda et critique le M23, reste silencieuse face aux véritables responsables du génocide et des massacres en RDC.

Les sanctions contre des personnalités comme le général James Kabarebe ne font qu'aggraver un conflit déjà meurtrier, ajoutant de l'huile sur le feu au lieu d'éteindre l'incendie.

Je plaide pour une justice impartiale, qui ne doit pas être instrumentalisée à des fins politiques au détriment des vies humaines. Peu importe les intérêts des puissances occidentales en RDC, l'ONU doit revoir ses priorités et ses actions. La véritable justice doit soutenir les victimes et non sanctionner ceux qui luttent pour leur survie.

Le M23 est un mouvement légitime, soutenu par une partie de la population, et les sanctions qui le visent ne font qu'exacerber la crise.

Comme l'a souligné la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo : " Si les sanctions pouvaient résoudre le problème dans l'Est de la RDC, la paix régnerait déjà depuis de nombreuses années. "

À travers cette citation, je rappelle à tous que la justice ne doit pas être dictée par des considérations politiques ou économiques. Il est impératif que la communauté internationale prenne des mesures concrètes pour mettre fin aux violences et assurer une paix durable dans la région.

Le Mouvement du 23 mars (M23) a vu le jour pour lutter contre ces forces génocidaires et protéger les civils.

Béatrice Mukamuligo



Source : https://fr.igihe.com/Sanctions-et-injustice-Le-Genocide-contre-les-Tutsi-au-Rwanda-et-ses-effets.html